L'Agba News

Totalement Agba attitude ...

22 décembre 2006

Mea Culpa

De pénibles circonstances m’ont écarté ces derniers jours de cet espace. Une épreuve que j’ai pu, louanges à Dieu, traverser avec les miens sans conséquences dramatiques.

Je voudrais, à l’occasion de ce retour, rendre hommage au dévouement professionnel et humain que j’ai constaté auprès des praticiens avec lesquels ces jours pénibles m’ont mis en contact. Je voudrais également tourner définitivement la page de quelques à priori que j’avais, à l’instar certainement de beaucoup de personnes, nourris à l’égard d’une certaine catégorie de médecins.

J’ai vu dans ces moments difficiles, certains de ces professeurs de médecine, dont mon esprit tranquille n’avait jusque-là retenu que l’apparente arrogance, lutter une nuit durant pour ramener à la vie un être cher. Je les ai vus abandonner familles, enfants, amis pour accourir à l’appel du devoir. Je les ai vus compatir, partager notre détresse, investir leur âme, avant leur art, dans une course contre la mort.

J’ai vu de parfaits inconnus offrir leur aide, leur sang, leur cœur, leur ferveur. J’ai mesuré le long de nuits et nuits de solitude totale, la vanité de tant de choses. Mais aussi la portée, incommensurable de petits gestes, de petites initiatives,venus abreuver un cœur asséché de douleur.

Que tous ceux et toutes celles qui ont apporté leur soutien quand l’espoir s’accrochait à une minuscule brindille, trouvent ici l’expression de notre éternelle reconnaissance.

Posté par lagba à 12:04 - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


14 décembre 2006

Ba lefhamate règle la circulation

Mon copain Ba Lefhamate et moi sommes attablés à une terrasse de café ...

Ba Lefhamate -         Chefti ! Ils sont allés demander l’aide des français pour régler la circulation chez nous :p

Moi -         Qui ça ?

-         Bah la délégation qui a participé au séminaire intergouvernemental maroco-français … encore une fois ils n’ont rien compris, comme si les français y connaissaient quelque chose à notre mentalité !!!

-         Ca, je veux bien le croire, mais en attendant, statistiques à l’appui, les routes françaises sont beaucoup moins meurtrières que les routes marocaines.

-         Wa hetta y kounou les routes ba3da !!!  Je vais te dire moi, ces histoires de permis à points, de radars, de patrouilles mobiles, ça vaut que dalle. Wa lqadia fel pare-brise !!! 

-         Kifach le pare-brise ? tu veux dire que ce sont nos pare-brise qui causent les accidents ?

-         Wa laaaa hetta nta a sahbi ! Ecoute, je vais t’expliquer. Hanta, imagine, le gouvernement instaure une taxe de 100 à 500 pc sur le prix des pare-brise. Il met en place un système rigoureux de contrôle des importations, bhal dikchi dial yamate lparabole à 5000 balles.

-         Quel est le rapport avec les accidents ?

-         Hana jayek a sahbi. Après ça, tu prends quelques brigades d’agents de la circulation que tu entraînes pour la nouvelle mission. Mais attention, ils doivent être choisis avec le plus grand soin. Hanta, par exemple à Rabat, tu vas chercher le flic qui a passé des années au rond point du Hilton, ou du coté de Bir Kacem, le gars à se farcir 8 heures d’affilée au soleil et sous la pluie à regarder passer les bolides, à pas oser siffler les contrevenants, à entendre (quand par malheur il ose arrêter quelqu’un ) « wash bghiti tir men blasstek ? bghiti tbate f Tata had lila ? dssarate hadi !! », tu vois, le gars chargé à bloc, qui se fait à tout casser 2400 balles par mois et une tonne d’humiliations par jour.

-         D’accord fhemna, qu’est ce qu’il va faire ce gars ?

-         Wa hna fine kayna tactaca ! sma3ni ! Alors tu prends une bonne centaine de ces gars, tu améliores leurs conditions et tu leur dis "Vous avez carte blanche ! vous opérez en brigades de 4 accompagnés qu’un juge, elli tabtate 3lihe al moukhalafa, harssou lih le pare-brise séance tenante sous le contrôle du juge !". 

-         Hia ghadi tnoude lfouda ou safi

-         Wa laa, au contraire, c’est une démarche hautement sociale ! Hanta, d’un coté tu assures le moral des troupes, casser du friqué de temps à autre est bon pour le moral, encore mieux si cela se passe en toute légalité sous les regards de la justice. Après, le juge il est là aussi pour délivrer un bon d’achat d’un nouveau pare-brise, bla dak lboune, ma kayne pare-brise. Le gars moul la BM oulla la merco, oulla dik lmoussiba dial Golf TDI, doit aller faire viser hadak lboune dans un hôpital public, c’est là qu’il paie la surtaxe contre reçu et c’est le reçu dûment enregistré f la perception qui lui permet de retirer son nouveau pare-brise. Machi social hada ? Tu grilles un feu, tu fais du rallye en ville … un pauvre se fait opérer à tes frais. Tu stationnes en double file, on te casse la vitre passager, tu assures khtana dial ould chi mezloute... koulla moukhalafa btamanha.

-         Moussiba hetta nta a sahbi, je croyais que tu avais changé, mais oualou nta houa nta ! Ma 3linach ewa ou moualine lmoutourate ? 

-         Hetta houmma kayne lhel dialhoum … confisqui lemmou lbougie !!! khas ghir lboulis yet3almou chouia dial tacycliste

Posté par lagba à 10:39 - Ba lefhamate - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 décembre 2006

Ba Lefhamate reprend du service

Ba Lefhamate insiste pour reprendre du service. Cela me pose un sérieux problème de logistique. Puis-je me permettre de le loger ici, au coté de mes souvenirs d’enfance embaumant la terre humide et la joie de vivre ? Devrais-je me résoudre à l’exiler sur un autre blog plus à même d’accueillir ses sautes d’humeur et son caractère … disons entier ? C’est qu’il n’est pas commode Ba Lefhamate.

C’est peut être à vous, amis internautes qui avez jusque-là partagé mes récits, d’en décider. Pour ma part, je ne me décide pas à écarter mon compagnon de toujours, après l’avoir réduit si longtemps au silence. Je me dois cependant, au nom de cette généreuse confiance que vous m’avez jusque-là témoignée, de vous mettre au courant de certaines tendances de Ba Lefhamate.

Sachez donc que Ba Lefhamate, Arabe, maghrébin, marocain et fier de l’être, et à ce titre dépositaire d’un impressionnant legs civilisationnel, a la fâcheuse manie d’entretenir des idées arrêtées sur une foultitude de choses. Il est de plus, selon les humeurs, stratège, politologue, islamologue, musicologue, tout ce que vous voulez-ogue et bien entendu expert en sport -es-toutes catégories.

Que l’on ne se méprenne pas. Ba Lefhamate est un chic type qui ne cherche noise à personne. C’est inscrit dans ses gènes. Il a le sens civique hypertrophié. C’est également inscrit dans ses gènes. Il aime ses voisins, les voisins de ses voisins et tous ses compatriotes. Il fait la queue là ou il va, respecte les feux même quand il n’y a pas d’agent, ne triche jamais, ne ment jamais, ne blasphème jamais, ne drague pas les filles dans la rue, n’achète pas de DVD piratés, ne chatte pas… Un chic type vous dis-je. Irrécupérable. C’est inscrit dans ses gènes.

Ce serait criminel, convenez-en, qu’à côté de toutes ces qualités, on demande à Ba Lefhamate de la boucler. C’est que Ba Lefhamate n’a que sa langue, et sauf votre respect, vos oreilles, pour exister. L’écouterez-vous ? Ou dois-je, le cœur serré, le mettre à la porte ? En attendant, permettez que je lui offre un café ...

Posté par lagba à 16:55 - Ba lefhamate - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 décembre 2006

Le rapt de la reine … ( suite et fin )

bee_2Comble de malchance, ma mère avait eu une très mauvaise journée. Si cette berbère au caractère bien trempé avait quelque chose en horreur, c’était bien le gaspillage et la dilapidation. Or, ce funeste jour, elle avait eu à déplorer la perte d’une trentaine de poussins, éclos d’une semaine à peine et promis à un avenir florissant de frarej et 3atougates.

Laïka, la chienne déjà mal-aimée pour son absence désespérante d’agressivité, n’avait ce jour-là fait qu’une bouchée des trente poussins dont Lhajja avait méticuleusement suivi la gestation sous le duvet douillet de deux poules, royalement installées pour l’occasion dans le confort d’un vieux réfrigérateur réformé.

Laïka, grande amatrice de gallinacés, de préférence tout frais, n’en était pas à son coup d’essai. Elle n’avait cependant jamais pu être mise en cause, jusqu’à ce que la finesse de son palais la perde. La malheureuse, si elle affectionnait particulièrement la chaire de poulet, était cependant très peu portée sur le goût de leurs viscères. Si toutes les autres fois elle avait eu l’instinct de consommer loin de sa  niche, cette fois-ci, probablement enhardie par une incroyable impunité, elle s’offrit le luxe de savourer tranquillement les délicieux poussins dans sa niche, abandonnant sur place restes de duvet et qchaoueche.

Dès qu’elle découvrit l’horreur, le sang berbère de ma mère ne fit qu’un tour. Elle chargea Ttir de lui ramener la coupable confirmée et de l’attacher à un arbre et partit chercher une branche de poirier bien longue et bien effilée.

« Ha, ya lbeghla dial lekraresse ? 3lach ma klitiche lgansa ? hein ? Kouli lgansa ya bent lehram!!! kouli !!!! » s’écriait-elle à mesure que  la tige de poirier fouettait l’air et s’abattait sur les flancs de la pauvre Laïka, qui débattait, criait, montrait les crocs. La facture de trente poussins beldiyine était plutôt salée, sans compter les arriérés de tous les coquelets et poulettes mystérieusement disparus depuis quelques semaines.

La pauvre chienne ne comprenait pas qu’on puisse lui demander, en joignant le geste à la parole, de poursuivre un festin pour lequel elle était sévèrement punie. Dans la logique courroucée de ma mère, l’abandon des qchaoueche là où s’égaillaient, le matin-même, trois dizaines de petites touffes brunâtres, était aussi grave que le larcin lui-même. Laïka, la gallinaçophile, une fois sa correction reçue, fut bannie, Ttir ayant été chargé de l’exiler dans un lointain douar.

Lhajja n’était donc pas dans les meilleures dispositions quand Annachra Assari3a lui fit son rapport cinq minutes à peine après nous avoir découverts meurtris dans la grange. La justice divine étant souvent prompte, l’oiseau de mauvaise augure, récolta sur le champ une claque pour avoir dérangé, par de si mauvaises nouvelles, le sommeil agité de ma mère. 

Nous avions, quant à nous, à peine eu le temps de quitter la grange et de nous composer une contenance, quand ma mère ouvrit la porte de la cuisine. « Malkoum ??? », « Abdellah ? Ach taddir Hna ? » , « ach ddakoum le nhel ? ouach hmaqitou ? ». Nous n’avions aucune réponse recevable à opposer à cette première salve de questions, mais nous savions par expérience que le plus important à ce moment-là était de cacher, quel qu’en soit le prix, les dégâts corporels que nous avait infligé l’ennemi. Aussi nous mettâmes-nous à cafouiller, bredouiller et emmêler l’esprit encore endormi de Lhajja dans une foule de détails ayant pour seul objectif d’occulter le chapitre piqûres.

Nous y réussîmes en partie, expliquant que la boite à outils semblait avoir le jour-même, accueilli une colonie d’abeilles, que Adballah avait découverte l’après-midi. Ce dernier, une fois rentré chez lui, s’était rappelé de la chose et était revenu m’en informer afin d’éviter tout accident. Nous étions donc allés vérifier sur place et avions essayé de recouvrir la ruche d’une nappe en plastique afin de la préserver contre un éventuel vol en attendant lendemain. Ce après quoi nous étions tranquillement rentrés à la maison. 

Lhajja à demi-convaincue nous sermonna quand même un bon quart d’heure pour notre kheffa, nous invitant à imaginer ce qui serait arrivé, si les abeilles nous avaient attaqués….  Elle nous interdit formellement de nous approcher de la zone sud, jusqu'à ce qu’un connaisseur vienne déplacer la ruche.

Nous nous esquivâmes heureux de nous en tirer à si bon compte. De passage devant la fenêtre de la cuisine, nous vîmes annachra assari3a en pleurs et, méchamment, en oubliâmes le feu des dards.

Posté par lagba à 12:30 - Souvenirs ... souvenirs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 décembre 2006

Le rapt de la reine …

BAC_beeattack« Boulghraib !!! Boulghraib !!!! » . La voix qui m’interpellait ainsi depuis la fenêtre de ma chambre, par cet après midi torride du mois de juillet, était plus souvent annonciatrice de coups foireux que de réelles opportunités. Je me levais de mauvaise grâce et entrouvris la fenêtre de ma chambre, l’humeur contrariée. « Ach bghiti a Ttir ? 3aoutani chi hamza khaouiya ? »

Abdallah, la quinzaine robuste et joviale, était le plus jeune ouvrier de la ferme. Il mettait tant d’entrain dans tout ce qu’il faisait, qu’il était rare de le voir marcher, optant plutôt pour la petite foulée, quand ce n’était le pas de course, pour le moindre de ses déplacements. 

Dès ses premières journées à la ferme il fût surnommé par ses collègues Ttir, pour sa tendance naturelle et irrépressible à sauter men lmeqla. Ne s’en formalisant aucunement, il confirmait chaque jour sa réputation mercurienne, marquant souvent ses démarrages en trombe par un retentissant « grandyser Intaliiiiiiiqqqqq !!!!! ».

C’est un Ttir particulièrement excité que je découvris en ouvrant la fenêtre. « Boulghraib ! Boulghraib ! Khrouj ngoullik », répétât-t-il, soulignant le surnom qu’il m’avait donné, en raison de mon goût prononcé pour les gadgets électroniques.

Il m’expliqua, décousu, qu’en s’affairant à la frontière sud de la ferme, là où un petit bois d’Eucalyptus séparait nos terres de celles des voisins, il avait été intrigué par un bourdonnement sourd jaillissant des arbustes épineux. En furetant, il avait découvert une vieille boite métallique à outils, où s’était établie une colonie d’abeilles.

Pour le fougueux Ttir, il n’y avait pas à hésiter. Nous devions «rapatrier» cette ruche de fortune, qui devait, assura-t-il déjà un goût de miel à la bouche, nous rapporter une jolie somme. Je restais circonspect, habitué que j’étais aux projets boiteux de cet énergumène. Je me laissais néanmoins convaincre de l’accompagner, séance tenante, pour vérifier de visu l’existence du trésor. J’aurais mieux fait de m’en abstenir.

La boîte à outils s’avéra de bien plus grandes dimensions que je ne l’avais imaginé. Des abeilles par dizaines atterrissaient et décollaient de cette base bourdonnante enfouie au milieu des arbustes épineux. « 3rafti a Boulghraib, daba rah lmalika dial nhel jate lehna ou jbouha rahoum 3amrine bel 3ssel Lhorr ». Et d’ajouter qu’il nous suffisait de revenir à la tombée de la nuit, d’envelopper la ruche dans un plastique pour nous préserver des abeilles et de la déplacer à l’autre bout de la ferme, là ou personne ne risquait de nous dérober « notre » bien. Après on ferait appel à un spécialiste qui se chargera de récolter le bon miel pour nous. Les risques ? Aucun !!! Assura Ttir, expliquant que « Nhel tay ne3ssou bellil hite ma taychoufou oualou ».

Je devais également avoir un goût de miel à la bouche... Nous entreprîmes sur le champ de dégager, aussi discrètement que possible, l’accès à la ruche que nous devions emprunter lors de l’opération de kidnapping. De retour à la maison, nous fixâmes rendez-vous le soir même. Comme il ne fallait éveiller aucun soupçon, Abdallah partit chez lui comme à l’accoutumée au terme de sa journée de travail. Vers 21h00, trois sifflets brefs m’annoncèrent qu’il m’attendait comme convenu non loin du terrain des opérations. Je pris une lampe torche, dérobais une nappe de table en plastique destinée à envelopper la ruche et me rendis discrètement au lieu du rendez-vous.   

Tout se passa assez vite. L’accès à la ruche était dégagé et les abeilles semblaient effectivement endormies. Nous enveloppâmes avec mille précautions la boite à outils de la nappe de table, la soulevâmes comme une bombe à retardement et entreprîmes le périlleux voyage de retour.

Selon le mode opératoire convenu, Ttir devait se charger de porter la ruche pendant que j’assurais l’hermétisme de l’enveloppe en plastique. Il en fût ainsi. Le sommeil des abeilles n’était manifestement pas aussi profond que nous l’aurions souhaité. Au bout d’une trentaine de mètres, une agitation de plus en plus inquiétante nous parvint à travers la nappe. Ttir , nettement moins assuré, lâchait de répétitifs « Ahyaaaa ?! » en pressant le pas. Je n’étais pas plus rassuré.

Le coup foira en un éclair ! Une abeille plus entreprenante que les autres se fraya un chemin à travers l’enveloppe en plastique, se dégagea et s’abattit sur l’oreille gauche du pauvre Ttir, dard en avant ! Le pauvre garçon hurla un « wil bouhaaaaa ! 3addatni », jeta à terre la bombe à retardement et pris ses jambes à son cou, omettant cette fois-ci son habituel « Grandyser intaliiiiqqqq !!!». Je l’imitais quelques secondes plus tard, battant à coup sûr mon record personnel du 100 mètres, pendant que la boite à outils roulait par terre, s’ouvrait et déversait dans la nature un essaim d’abeilles furieuses.

Nous volâmes en direction de la maison, les bras gesticulant hystériquement au dessus de la tête. Vains efforts ! Une horde déchaînée d’abeilles nous localisa par quelque radar nocturne encore inconnu des entomologistes, fonça sur nous et nous fit passer à jamais le goût du miel. Quand nous nous enfermâmes enfin, hors d’haleine, dans la grange, nos troupes revendiquaient une bonne dizaine de piqûres concentrées avec une précision chirurgicale sur les mains et les oreilles !

Nous en étions encore à apaiser le feu des dards, quand un «malkoum ?????» jaillissant de la pénombre, nous acheva. Catastrophe ! C’était la cousine Hasna, une peste de dix printemps à peine, surnommée « annachra assari3a », en raison de la vitesse supersonique à laquelle elle rapportait tous les faits de la ferme à ma mère !

Posté par lagba à 12:19 - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1